Nous

NOUS éditons des livres de Theodor W. Adorno, Alain Badiou, Mehdi Belhaj Kacem, André Biély, Benoît Casas, Paul Celan, Robert Creeley, Jacques Demarcq, Bénédicte Hébert, Gerard Manley Hopkins, Jacques Jouet, Luis de Miranda, Pier Paolo Pasolini, Jacques Roubaud, Gertude Stein, Gérard Wajcman et Andrea Zanzotto.

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Jun 26

Sommes-nous de la revue ? Eric Clémens à propos de GRUMEAUX N°1

Poezibao, 25 mai 2009

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/05/revue-grumeaux-n-1-lecture-deric-clémens.html

A quoi bon une revue, écrite, imprimée, distribuée ? Y a-t-il encore des lecteurs autres que les auteurs qui y publient (et n’y lisent guère les autres textes) ? Peut-être la réponse désabusée à ce genre de question est-elle en train de perdre sa pertinence. La rage monte à nouveau chez tous, non chez un, et avec elle la « rage de l’expression », sous toutes les formes et contre toutes les oppressions, et d’abord culturelles ! La Revue Internationale des Livres et des Idées, axée sur une « gauche de gauche », mais aussi sur la littérature, tout comme Fusées, axée sur des enjeux de l’art et de l’écriture (et des noms méconnus comme Lucerné dans le dernier numéro), montrent en tout cas que résister, contrer et créer sont, le mot résonne en plus d’un sens, actuels !

Grumeaux, dont le premier numéro vient de sortir aux éditions Nous, participe de cette possible renaissance rageuse. Que cet ensemble tourne autour de la « Voix » (titre de l’ensemble, autour de la question « pourquoi/comment lire à haute voix ? ») n’est pas un hasard : les performances vocales (et gestuelles) aujourd’hui relancent l’écriture poétique et lui donnent un impact qui déplace son centre de gravité, du livre à la – quoi ? La vie, la présence, la communication ? Les mots lestés d’idéalisme font trop vite retour. Les plus de 275 pages de cette revue, entre expériences et réflexions, permettent d’y voir plus clair.

Plusieurs générations d’écrivains de plusieurs pays y répondent et d’abord par leur textes poétiques – dans lesquels les voix ne s’entendent qu’à condition que nous-mêmes lecteurs les lisions à haute voix : nous y sommes invités par-dessus tout et je ne peux qu’y renvoyer. J’épingle tout de même quelques phrases frappantes… Ainsi, de Christian Prigent : publique, « la lecture insiste spécifiquement sur ce qui, dans la composition du texte, relève des traces de l’oralité implicite qui est l’une des forces qui en ont commandé l’écriture (écholalie, mesure, rythme) ». Ou de Cécile Mainardi : « une Schérazade qui ferait de sa voix-même l’objet d’un languissement instantané et sans fin, d’un languissement infiniment exaucé dans le temps même de son manque ». Au passage, cette figure de Schérazade nous remet en mémoire que le mythe de la récitante qui suspend la mort contient au moins autant la vérité de la littérature que celui du chant d’Orphée que la mort surprend ! Autre phrase témoin, de Jacques Demarcq, extraite de « La vie volatile » : « J’oralise des sortes de virgules, des exclamations ou interrogations auxquelles j’accole des paroles pour en contenir le vide mouvementé. » Ou, lapidaires, de Jacques Jouet : « La voix est une expiration. » et de Benoît Casas : « la voix et tout ce qu’elle trahit »…. Ou encore, de Charles Bernstein : « La poésie visuelle nous fait regarder autant que lire des textes, alors que la poésie sonore nous fait entendre aussi bien qu’écouter. Ces deux limites se croisent, curieusement, lorsqu’un poème visuel est lu comme un poème sonore ou lorsqu’un poème sonore est noté comme un poème visuel. » Ou enfin, la remarque de Michael Davidson : « La découverte par Milman Parry, Albert Lord et Eric Havelock de traditions orales et de style formulaire fournit un lien entre les pratiques d’avant-garde et les cultures tribales du passé. »

L’ensemble est encadré par deux articles philosophiques, l’un de Mladen Dolar, l’autre de Slavoj Zizek, tous deux fondateurs de « l’École de Ljubljana », marquée par la psychanalyse lacanienne. Le premier parcourt de façon lumineuse les diverses façons de penser la voix, en particulier la rupture qu’elle introduit dans le sens, son caractère « acousmatique, voix dont la source ne peut être identifiée » et son double excès : d’autorité et d’exposition. Le second met en tension Lacan et Derrida, ce qui affronte heureusement les illusions de présence à soi et de souffle créateur que l’apologie de la voix peut entraîner. Comme à son habitude, Zizek bouillonne et change de sujet au cours de son texte, ce qui nous fait passer de la voix à la jouissance, de la jouissance au racisme et à l’antisémitisme et de ça au fantasme et à la fiction. Pourquoi pas ? Nous y perdons la voix, mais nous y gagnons, depuis la différence entre le fantasme comme « rêve d’un état sans perturbations » et le fantasme « dont le forme élémentaire est l’envie », hantise du réel de la jouissance axée sur l’Autre, la distinction entre la « fiction symbolique » et l ‘ « apparition spectrale ». Ce qui nous déporte vers une autre thématique dont j’introduis la discussion : la traversée du fantasme n’a-t-elle pas lieu radicalement, y compris pour la politique, dans l’expérience littéraire (ou artistique) précisément parce que la fiction n’y est pas coupée du réel, qu’elle opère la déception de son « spectre » lorsqu’elle affronte l’impossible à représenter ? En lui donnant voix au chapitre. Mieux : en donnant de la voix.


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Jun 17
Samedi 20 juin à 14hLe bus des grumeauxdans le cadre du 27e Marché de la Poésie
Départ de la place Saint Sulpice (Paris VIe)
avec Jacques Demarcq et Benoît Casas
Chef de Bus : Yoann Thommerel

Samedi 20 juin à 14h
Le bus des grumeaux
dans le cadre du 27e Marché de la Poésie


Départ de la place Saint Sulpice (Paris VIe)

avec Jacques Demarcq et Benoît Casas

Chef de Bus : Yoann Thommerel


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Jun 16
Les éditions NOUS vous attendent au Marché de la Poésie, du 18 au 21 juin 2009 (Paris, Place Saint Sulpice). 
Le site du 27e Marché de la Poésie : http://poesie.evous.fr/

Les éditions NOUS vous attendent au Marché de la Poésie, du 18 au 21 juin 2009 (Paris, Place Saint Sulpice). 

Le site du 27e Marché de la Poésie : http://poesie.evous.fr/


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Jun 8

Autour de la revue MIR (11 juin à l'IMEC)

jeudi 11 juin, 20h, grange aux dîmes
Périphérie du 27e Marché de la Poésie
Autour de la revue MIR


Créée par les éditions ikko en 2007, MIR, revue d’anticipation, est un espace programmatique qui a pour ambition de poser la question de l’enchantement des mondes. À ce titre, la revue convoque un large spectre de disciplines de la pensée et de la création (littérature, arts plastiques, philosophie, histoire, économie, cinéma, astronomie), sans barrières géographique ni temporelle. Le deuxième numéro de MIR, à l’instar du premier, est un objet éditorial à part entière, de grand format, qui réunit une cinquantaine de contributions. 
Cette rencontre, conçue avec les animateurs de la revue Christophe Manon et Antoine Dufeu, est conçue comme une extension scénique du numéro.
Les interventions de Rémy Bac, Benoît Casas, Christian Prigent et Valentina Traïanova représenteront différents champs de la création : philosophie, lectures et performances.

Un événement organisé en partenariat avec Ent’revues et le Marché de la Poésie.


IMEC
Abbaye d’Ardenne
14280 Saint-Germain la Blanche-Herbe
Réservation au 02 31 29 37 37 ou ardenne@imec-archives.com
Visitez le site de l’IMEC

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May 20
Les éditions NOUS ont le plaisir d’annoncer la sortie de
GRUMEAUX N°1
VOIX
En librairie le 22 mai

Les éditions NOUS ont le plaisir d’annoncer la sortie de

GRUMEAUX N°1

VOIX

En librairie le 22 mai


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May 15
Les éditions NOUS seront présentes au Salon du Livre de Caen (Le Château, 16-17 mai 2009)
Horaires d’ouverture :
Samedi 16 mai : 9h30 – 20hDimanche 17 mai : 10h – 19h
Entrée libre
Informations pratiques : 
http://www.salondulivre.caen.fr/2009/infos/index.html
Le site du Salon du Livre de Caen : 
http://www.salondulivre.caen.fr/#

Les éditions NOUS seront présentes au Salon du Livre de Caen (Le Château, 16-17 mai 2009)

Horaires d’ouverture :

Samedi 16 mai : 9h30 – 20h
Dimanche 17 mai : 10h – 19h

Entrée libre

Informations pratiques : 

http://www.salondulivre.caen.fr/2009/infos/index.html

Le site du Salon du Livre de Caen : 

http://www.salondulivre.caen.fr/#


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May 14
JACQUES ROUBAUD - LA DISSOLUTION

Le grand incendie de Londres - sixième branche
Vendredi 15 mai 2009, à 19h00	
Lecture de Jacques RoubaudPrésentation et discussion avec Jean-Didier Wagneur

au cipM (Centre International de Poésie de Marseille)
Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité, Marseille. Tél : 04 91 91 26 45
Voir la présentation de l’événement:
http://www.cipmarseille.com/evenement_fiche.php?id=695
Visiter le site du cipM :
http://www.cipmarseille.com/actu.php

JACQUES ROUBAUD - LA DISSOLUTION

Le grand incendie de Londres - sixième branche


Vendredi 15 mai 2009, à 19h00

Lecture de Jacques Roubaud

Présentation et discussion avec Jean-Didier Wagneur


au cipM (Centre International de Poésie de Marseille)

Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité, Marseille. Tél : 04 91 91 26 45

Voir la présentation de l’événement:

http://www.cipmarseille.com/evenement_fiche.php?id=695

Visiter le site du cipM :

http://www.cipmarseille.com/actu.php


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May 13

Christian Prigent à propos des Zozios de Jacques Demarcq (in Action Poétique, n° 195, mars 2009)

Pourquoi les oiseaux ? L’affaire est sexuelle, suggère Freud. Demarcq ne contredit pas : « c’est — sexe », et 1’oiseau creuse, « ouvert au trouble », le ventre du ciel. Mais la question est moins : d’où vient ce qui s’écrit ? que celle-ci : que fait le fait d’écrire — qui libère et fasse jouir ?

Suspendu au bord de la parole, l’oiseau verbal parodie l’homme (parole psittacisée) qui parodie l’oiseau (instinct de ciel). « Zozio »» est donc le nom d’une volubilité trans-animale et trans-humaine, qui défie le fini des langues. Le fini ou la gravité. Qu’est-ce que la gravité ? Outre l’esprit de sérieux (que fissure la gaya scienza picoreuse de Demarcq), c’est le discours assigné au lieu symbolique commun, la parole résumée à l’enfilade atone des significations, les cadavres que nos bouches aliénées mastiquent au long des jours.

Comment trouver des « îles » de langue vierge et des « exils » de pensée joyeuse ? Demarcq parie qu’il y a une matière verbale, quelle ne s’identifie pas aux discours, qu’on peut la mettre en mouvement, la trouer d’ebullitions sonores, d’émanations graphiques, d’explosions sémantiques. Pour régner poétiquement sur la langue, il la divise et accélère ses particules. C’est dans son détail menuisé qu’il travaille (petits becs, plumes légères, pattes fines). D’une part il descelle la lettre (ce que Vico appelait le hiéroglyphe) du serti grammatical et fait surgir calligraphies incidentes et typographies multipistes. Soit : l’autre du discours, venu des fonds du bloc sémantique et paradant pictographiquement en avant-scène (salut au passage à Mallarmé, à Cummings, à Maurice Roche). D’autre part il déclenche une évaporation de sons (dans le vocabulaire de Vico : la dimension symbolique) ; et voici la « musique savante » et le « jeu de la voix hors des mots » (salut à Khlebnikov et au Schwitters de l’Ursonate). Le reste s’ensuit : phrases redécoupées, scansions bancales, morphèmes tordus, syllabes flottantes. Ça bouge beaucoup, dans cette langue, en imitation perpétuellement moqueuse et affectueuse de ses modèles ciselés et de ses icônes littéraires ou amicales. Ce bougé souffle devant lui une nuée de lettres et des sons qui sont comme des plumes ébouriffées autour du corps sensuellement ravivé de la langue. Et ça engendre des mondes : bigarrés, cocasses, amusés — « merveilleux », comme on disait du temps de Chrestien et du chœur des oiseaux de Barenton. En somme, ça partage du sensible : ça fait sonner les objets et les corps de la vie réelle dans leur vrai timbre — qui est le résonnement inextinguible de la « différence non logique » qu’ils persistent infiniment à être au cœur de la parole atterrée en raison.

Paru dans Action Poétique, n° 195, mars 2009


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May 7
La recension des Zozios par Jean-Baptiste Para (C C P n°17, mars 2009)

En refermant Les Zozios, émerveillé, fourbu, grisé comme au terme d’une fête ou d’une longue équipée, on ne doute pas de tenir entre les mains un livre majeur, une véritable somme dans laquelle un poète a donné, plus que sa mesure, toute sa démesure. Dans le lointain sillage du Parlement volatil deGeoffroy Chaucer et d’un bataillon de poètes diversement ornithophiles, de O.V. de L. Milosz qui mourut en poursuivant un canari échappé de sa cage à Vélimir Khiebnikov dont la silhouette ressemblait a celle d’un héron cendré, Jacques Demarcq a fait de la faune ailée le centre magnétique de son livre. Dans cette gigantesque volière de mots, les oiseaux sont partout, de toutes les espèces, venus de toutes les latitudes. Dans une facétieuse, affectueuse et jubilatoire galerie de portraits, même les poètes sont campés en oiscllcs et oiseaux. « J’écris pour voler dans les plumes, davantage que pour fixer », dit Jacques Demarrq. À la différence du roi Salomon qui comprenait le langage des huppes, c’est en tant que figure propre à resituer l’homme dans son « humanimalité » que le poète convoque ici ses frères ailés. L’oiseau est aussi l’effigie où se conjugue le double mouvement énoncé dans l’épigraphe du livre : « Ecrire, c’est traduire en langue l’inarticulé du réel ; et l’inverse : des mots revenir au bruit. » En organisant une extravagante birdwatching party, Jacques Demarcq effectue simultanément cette opération énoncée jadis par Andreï Biely : « Je rentre dans ma bouche pour y épier la création du langage. » Babil hardi, onomatopées cocasses, néologismes gorgés d’astuce et de sens, l’idiome semble de multiples façons briser sa gangue et essaimer ses graines pour éclore en nouvelles efflorescences sonores. Solidaire de cet orchestre inouï et volontiers bouffonnant, on voit s’animer sur la page tout un pétillement d’inventions typographiques. Usant parfois du calligramme et du dessin, comme sur la courbe d’un arc-en-ciel reliant Apollinaire à Zanzotto, l’effervescence optique du poème tend à devenir un répondant visuel de la glossolalie et de la glossomanie qui l’agitent. Car les oiseaux de Jacques Demarcq ne sont pas des piafs empaillés : au contraire, ils ne tiennent pas en place, ils « macabriolent », « dégringlissent » et « s’enlairbifricotent », pour user de verbes forgés par l’auteur. Carnavalesque et agile, inventif et virtuose, aussi narquois qu’un enchanteur désenchanté, d’une tendresse d’autant plus émouvante qu’elle se concentre avec élégance dans un filigrane pudique – ce qui vaut aussi pour la veine amoureuse, en partie cryptée mais présente, et superbe –, ce livre trouve également sa force de tension dans l’improbable équilibre qui s’y fait jour entre une dimension lettrée, érudite même, et sa généreuse part sauvage.

La recension des Zozios par Jean-Baptiste Para (C C P n°17, mars 2009)

En refermant Les Zozios, émerveillé, fourbu, grisé comme au terme d’une fête ou d’une longue équipée, on ne doute pas de tenir entre les mains un livre majeur, une véritable somme dans laquelle un poète a donné, plus que sa mesure, toute sa démesure. Dans le lointain sillage du Parlement volatil deGeoffroy Chaucer et d’un bataillon de poètes diversement ornithophiles, de O.V. de L. Milosz qui mourut en poursuivant un canari échappé de sa cage à Vélimir Khiebnikov dont la silhouette ressemblait a celle d’un héron cendré, Jacques Demarcq a fait de la faune ailée le centre magnétique de son livre. Dans cette gigantesque volière de mots, les oiseaux sont partout, de toutes les espèces, venus de toutes les latitudes. Dans une facétieuse, affectueuse et jubilatoire galerie de portraits, même les poètes sont campés en oiscllcs et oiseaux. « J’écris pour voler dans les plumes, davantage que pour fixer », dit Jacques Demarrq. À la différence du roi Salomon qui comprenait le langage des huppes, c’est en tant que figure propre à resituer l’homme dans son « humanimalité » que le poète convoque ici ses frères ailés. L’oiseau est aussi l’effigie où se conjugue le double mouvement énoncé dans l’épigraphe du livre : « Ecrire, c’est traduire en langue l’inarticulé du réel ; et l’inverse : des mots revenir au bruit. » En organisant une extravagante birdwatching party, Jacques Demarcq effectue simultanément cette opération énoncée jadis par Andreï Biely : « Je rentre dans ma bouche pour y épier la création du langage. » Babil hardi, onomatopées cocasses, néologismes gorgés d’astuce et de sens, l’idiome semble de multiples façons briser sa gangue et essaimer ses graines pour éclore en nouvelles efflorescences sonores. Solidaire de cet orchestre inouï et volontiers bouffonnant, on voit s’animer sur la page tout un pétillement d’inventions typographiques. Usant parfois du calligramme et du dessin, comme sur la courbe d’un arc-en-ciel reliant Apollinaire à Zanzotto, l’effervescence optique du poème tend à devenir un répondant visuel de la glossolalie et de la glossomanie qui l’agitent. Car les oiseaux de Jacques Demarcq ne sont pas des piafs empaillés : au contraire, ils ne tiennent pas en place, ils « macabriolent », « dégringlissent » et « s’enlairbifricotent », pour user de verbes forgés par l’auteur. Carnavalesque et agile, inventif et virtuose, aussi narquois qu’un enchanteur désenchanté, d’une tendresse d’autant plus émouvante qu’elle se concentre avec élégance dans un filigrane pudique – ce qui vaut aussi pour la veine amoureuse, en partie cryptée mais présente, et superbe –, ce livre trouve également sa force de tension dans l’improbable équilibre qui s’y fait jour entre une dimension lettrée, érudite même, et sa généreuse part sauvage.


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Apr 28
La vitrine de la librairie Masséna à Nice pour les éditions NOUS.  La vitrine de la librairie Masséna à Nice pour les éditions NOUS. 

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